L’influence de l’alimentation au stade périnatal sur les capacités cognitives

Porteur du projet : Sophie LAYE – Neurocampus de Bordeaux

Titre du projet : CONNECT (CONnections entre la Nutrition lipidique périnatale et la trajECToire cognitive)

Le projet est soutenu par la Fondation Carrefour et l’expertise scientifique assurée par le Conseil Scientifique de la FRC.

Montant : 80 000€

Certains éléments indispensables au bon fonctionnement du cerveau sont exclusivement apportés par l’alimentation. C’est le cas de certains lipides, connus sous le nom d’oméga-3, qui constituent des éléments clés de la structure du cerveau. Ces éléments se trouvent dans les poissons gras, les noix, certaines huiles, etc. Des études épidémiologiques ont établi une corrélation entre une faible consommation d’oméga-3 et un risque accru de développer un déficit cognitif et des maladies neurodégénératives. Le principal oméga-3 du cerveau (appelé DHA) est nécessaire au développement du cerveau et est exclusivement fourni par l’apport nutritionnel maternel pendant la grossesse et l’allaitement. Certains essais cliniques ont d’ailleurs révélé que les nourrissons ayant eu une alimentation contenant du DHA obtenaient de meilleurs résultats lors de tests neurodéveloppementaux. Or, des données récentes indiquent qu’une forte proportion de la population infantile mondiale est exposée à un risque de carence en oméga-3 en bas âge, ce qui constitue donc un facteur de risque environnemental général pour le développement du cerveau.

Ces différentes données suggèrent que les oméga-3 participent au développement cérébral, toutefois les mécanismes sont peu connus.

Afin d’éclairer ces aspects, l’équipe du Docteur Sophie Layé propose d’étudier les effets de différents régimes alimentaires (avec ou sans apport de lipides) au stade périnatal sur les fonctions cognitives. L’objectif de ce projet est d’élucider les mécanismes par lesquels les oméga-3 influencent le développement du cerveau et de quelle façon un apport insuffisant peut conduire à des perturbations des comportements et du développement cognitif.

En utilisant plusieurs approches, cette équipe de recherche va étudier différents aspects chez le modèle murin : comportements, prolifération neuronale, formation dendritique, et fonctionnalité des circuits neuronaux formés, en focalisant sur l’hippocampe et le cortex, deux structures cérébrales clés des fonctions cognitives.

En permettant de comprendre les mécanismes neurobiologiques reliant la  consommation maternelle d’oméga-3, le développement du cerveau et la cognition, ce projet fournira une base solide pour identifier des comportements nutritionnels préventifs et correctifs. Cela permettra de déterminer la période de sensibilité au cours de laquelle ces nutriments peuvent affecter le développement neural et de fournir des données pour un comportement alimentaire approprié pendant la grossesse, la petite enfance, l’adolescence et l’âge adulte afin de promouvoir la santé cognitive.

 

Sophie Layé, directrice de recherche

Sophie Layé est directrice de recherche au sein du NeuroCampus de Bordeaux. Elle y dirige le laboratoire NutriNeuro qu’elle a créé en 2011. Les recherches qui y sont menées visent à déchiffrer l’effet de la nutrition sur les composantes cognitives et émotionnelles du bien-être pour définir une nutrition protectrice du cerveau. Elle dirige également OptiNutriBrain, un laboratoire associé international, avec le Pr F. Calon (Université Laval, Québec). Sophie Layé est reconnue pour son travail sur la contribution de la nutrition déséquilibrée dans les troubles de l’humeur et les troubles cognitifs et sur la façon dont les lipides (oméga 3, oméga 6, etc.) participent à la neuroplasticité et à la neuroinflammation.

Le Neurocampus de Bordeaux est un centre d’excellence en Neurosciences. Il constitue un lieu fort de la recherche sur le cerveau en regroupant plus de 600 chercheurs spécialisés répartis entre 46 équipes de recherche. Ce centre a pour objectif de mener une recherche multidisciplinaire. Son fonctionnement permet l’interaction entre le domaine de la recherche clinique et fondamentale. En favorisant les échanges entre les scientifiques et en leur donnant accès à des plateformes techniques de pointe, ce Neurocampus permet aux équipes de recherche de mener à bien des projets importants, innovants et porteurs d’espoir.

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