Quand la myéline fait défaut : une avancée pour la maladie rare de Pelizaeus Merzbacher

La maladie de Pelizaeus‑Merzbacher (PMD) est une maladie génétique rare qui empêche la formation normale de myéline, la gaine protectrice qui entoure les fibres nerveuses et permet la transmission rapide des signaux dans le cerveau et la moelle épinière. Cette absence de myéline entraîne des troubles moteurs, cognitifs et des troubles visuels, entre autres, chez les enfants atteints. Une étude récente a identifié une voie cellulaire à cibler pour préserver les cellules productrices de myéline, réussissant à restaurer partiellement les cellules à l’origine de cette gaine, dans un modèle animal. Cette étude offre une nouvelle piste thérapeutique prometteuse pour traiter cette maladie rare qui ne bénéficie d’aucun traitement permettant d’en guérir à ce jour.

 

La maladie de Pelizaeus‑Merzbacher : une maladie génétique rare

La maladie de Pelizaeus‑Merzbacher est une leucodystrophie rare, c’est‑à‑dire une maladie génétique qui perturbe la formation ou le maintien de la myéline, la gaine de « graisse » qui isole les fibres nerveuses et permet la transmission rapide des signaux électriques dans le système nerveux central. Sans myéline suffisante, les neurones ne communiquent plus efficacement, ce qui se traduit par des troubles moteurs, cognitifs et des troubles visuels chez les enfants atteints. La maladie se manifeste chez les enfants avec des degrés de sévérité variables : plus elle apparaît tôt, plus elle est sévère.

 

Les mécanismes de protection au stress cellulaire sont suractivés dans la maladie

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé un modèle murin de la maladie de Pelizaeus‑Merzbacher (une souris portant la mutation à l’origine de la maladie) pour comprendre ce qui se passe au niveau des cellules responsables de la production de myéline, les oligodendrocytes. Ils se sont intéressés à un mécanisme cellulaire appelée Integrated Stress Response (ISR), un mécanisme naturel qui aide les cellules à faire face à des stress internes.

Ils émettent l’hypothèse que lorsque ce mécanisme est trop activé en permanence, ce qui est le cas dans cette maladie, il peut provoquer la mort des cellules.

 

Bloquer ce mécanisme est bénéfique pour les cellules productrices de myéline

Les scientifiques ont montré qu’inactiver une enzyme clé de cette voie, appelée PERK, améliore la survie des oligodendrocytes, augmente la quantité de myéline dans le cerveau et prolonge significativement la vie des souris atteintes. Un petit composé chimique inhibiteur de ce mécanisme, nommé 2BAct, a montré des effets similaires.

 

Pourquoi cette découverte est-elle importante ?

Aujourd’hui, aucun traitement n’existe pour la maladie de Pelizaeus-Merzbacher : la prise en charge est uniquement symptomatique. Cette découverte suggère que moduler la réponse au stress cellulaire pourrait devenir une approche thérapeutique pour préserver les cellules productrices de myéline chez les patients. Comme certaines stratégies similaires sont déjà en développement clinique pour d’autres maladies, cela pourrait accélérer la voie vers un traitement humain si ces résultats se confirment.

 

Des retombées potentielles pour d’autres maladies du cerveau ?

Même si la maladie de Pelizaeus-Merzbacher et la sclérose en plaques (SEP) ne partagent pas la même cause, la SEP est une maladie auto‑immune alors que la maladie de Pelizaeus-Merzbacher est génétique, toutes deux affectent la myéline et la communication nerveuse. Comprendre comment préserver ou restaurer la myéline dans un contexte génétique pourrait éventuellement éclairer des approches de traitement pour d’autres troubles où la myéline est endommagée, y compris dans certaines formes de SEP et d’autres leucodystrophies.

 

Sources :
Chen, Y., Kunjamma, R.B., Lin, K. et al. Integrated stress response inhibition prolongs the lifespan of a Pelizaeus-Merzbacher disease mouse model by increasing oligodendrocyte survival. Nat Commun 17, 1285 (2026). https://doi.org/10.1038/s41467-025-68045-0
« New treatment directions for rare brain disorder », Northwestern Medicine, Jan 2026

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