Du matin ou du soir ? Votre chronotype est peut-être plus complexe que prévu

Sommes-nous vraiment « du matin » ou « du soir » ? Cette distinction, couramment utilisée pour décrire notre chronotype, c’est-à-dire notre tendance naturelle à être plus actif et alerte à certains moments de la journée, pourrait être bien plus complexe qu’on ne le pensait. En analysant les données de plus de 27 000 adultes, des chercheurs montrent, dans une étude publiée dans Nature Communications, qu’il existe cinq profils biologiques distincts, chacun associé à des caractéristiques et des vulnérabilités différentes. Ces résultats ouvrent la voie à une compréhension plus fine des liens entre rythmes biologiques, cognition et santé.

 

Au-delà des deux grands chronotypes

Le chronotype correspond à la tendance naturelle d’une personne à être plus active le matin ou, au contraire, en soirée. Jusqu’à présent, les recherches sur le sommeil se basaient principalement deux profils : les « lève-tôt » et les « couche-tard ».

Selon une étude publiée dans Nature Communications, cette classification est cependant incomplète. Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé une approche d’intelligence artificielle pour analyser les données de plus de 27 000 adultes de la UK Biobank, une grande base de données biomédicales britannique. En combinant des images cérébrales obtenues par IRM, des questionnaires sur le sommeil, des mesures cognitives et des données médicales, ils ont identifié cinq sous-types biologiques.

 

Cinq profils aux caractéristiques distinctes

Grâce à leur approche, les chercheurs ont identifié deux profils de lève-tôt et trois profils de couche-tard. Ces groupes se distinguent non seulement par leurs habitudes de sommeil, mais aussi par leur organisation cérébrale, leurs performances cognitives et certains indicateurs de santé.

Chez les personnes au chronotype matinal, un premier sous-type est associé à un meilleur état de santé général, tandis qu’un second présente un lien plus marqué avec la dépression.

Les trois sous-types identifiés parmi les couche-tard montrent également des profils distincts. L’un est associé à de meilleures performances lors des tests cognitifs, mais aussi à davantage de difficultés de régulation émotionnelle. Un autre présente des associations avec les comportements à risque et les maladies cardiovasculaires. Enfin, un troisième est davantage associé à des symptômes dépressifs et à des comportements à risque.

Pour les chercheurs, ces résultats montrent que deux personnes partageant un même chronotype peuvent néanmoins présenter des caractéristiques biologiques et comportementales différentes.

 

Des résultats retrouvés également chez les enfants et les adolescents

Les chercheurs ont ensuite voulu valider leurs résultats dans une autre cohorte indépendante, celle d’une étude américaine nommée ABCD, qui suit plusieurs milliers d’enfants et d’adolescents.

Ils ont retrouvé une organisation cérébrale compatible avec les cinq profils identifiés chez les adultes, ainsi que des associations comparables avec certaines caractéristiques cognitives et comportementales. Cette validation indépendante renforce la robustesse des résultats.

Les chercheurs ont cependant observé que la répartition des profils diffère selon l’âge. Les profils les plus fréquents chez les adultes ne sont pas nécessairement ceux qui dominent chez les enfants, et inversement. Cette distribution « inversée » suggère que les profils de chronotype pourraient évoluer au cours du développement, notamment pendant l’adolescence, une période où les habitudes de sommeil changent.

Les auteurs restent toutefois prudents. Cette étude compare deux populations d’âges différents à un instant donné et ne suit pas les mêmes individus au cours du temps. Elle ne permet donc pas de conclure que les chronotypes sont déterminés dès l’enfance.

 

Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?
Cette étude remet en question une vision largement utilisée des chronotypes, qui oppose simplement les « couche-tard » aux « lève-tôt ». Les chercheurs montrent que ces deux grandes catégories regroupent en réalité plusieurs sous-types présentant des profils cérébraux, comportementaux et de santé différents. Selon eux, cette approche plus fine pourrait aider à mieux comprendre les différences observées entre des personnes ayant pourtant un chronotype similaire. Les auteurs estiment également que cette meilleure caractérisation des chronotypes pourrait, à terme, contribuer à une approche plus personnalisée de la prévention et de la prise en charge de certains troubles du sommeil, cardiovasculaires ou psychiatriques.

 

Sources :

  • McGill, Salle de presse, « Êtes-vous du type couche-tard ou lève-tôt? La réponse n’est pas si simple », 2 Février 2026
  • Zhou, L., Saltoun, K., Marotta, J. et al. Latent brain subtypes of chronotype reveal unique behavioral and health profiles across population cohorts. Nat Commun 16, 11550 (2025). https://doi.org/10.1038/s41467-025-66784-8

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