Le Neurofeedback : une nouvelle approche thérapeutique, non-médicamenteuse, pour les troubles de l’attention chez l’enfant

Porteur du projet : MATTOUT Jérémie – Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon

Titre du projet : « Évaluation clinique et neurophysiologique d’un entraînement de l’attention par interface cerveau-machine chez les enfants avec TDAH »

Subvention attribuée en 2018 : 50 000 

Le projet bénéficie du soutien de la FONDATION GROUPE EDF.

 

Description du projet

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) correspond à un ensemble de symptômes pouvant regrouper l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. Ce trouble est également associé à une altération des aptitudes sociales, à un échec scolaire voire à une consommation d’alcool et drogues. Le TDA/H est un trouble neurodéveloppemental courant qui touche 3 à 5 % des enfants et 1,5% des personnes adultes. Les traitements pharmacologiques prédominant demeurent inefficaces chez environ 30 % des enfants atteints de TDA/H et leurs effets à long terme sont incertains. De plus, certains effets indésirables ont été signalés (diminution de l’appétit, insomnie). Il est donc nécessaire de développer d’autres approches qui puissent compléter voire remplacer le traitement pharmacologique.

 

  • La technique du Neurofeedback

Une approche alternative en plein essor est celle de l’entraînement cérébral par Neurofeedback. Le but de cette technique est de permettre au patient d’apprendre à auto-réguler son activité cérébrale, ce qui, avec une pratique répétée, pourrait le soulager des principaux symptômes. Le TDA/H est le trouble le plus ciblé par les traitements de Neurofeedback aujourd’hui, mais cette approche s’applique également à une variété d’autres troubles tels que l’épilepsie, la dépression, l’autisme.

 

  • Son application aux enfants avec TDA/H

Le projet de Jérémie Mattout vise à évaluer les effets d’un entraînement de type Neurofeedback à destination des enfants avec TDA/H. Cette approche se démarque car elle s’appuie sur l’utilisation d’un marqueur électrophysiologique (signal électrique généré par l’activité des neurones) jusqu’ici inexploité dans ce contexte : l’onde P300. Il est pertinent d’utiliser ce signal car il est spécifique de la maladie ciblée.

En partenariat avec des industriels (Blacksheep Studio, Mensia Technologies) et les Hospices Civiles de Lyon, l’équipe de Jérémie Mattout a développé un système sous forme de jeu vidéo et mis en place une étude clinique chez des enfants avec troubles de l’attention, pour évaluer l’efficacité d’un entraînement de type Neurofeedback. Pour cela, 60 enfants atteints de TDA/H suivront ce type d’entrainement avec le jeu vidéo développé par les équipes impliquées. Les chercheurs analyseront si le Neurofeedback permet une amélioration des symptômes des enfants atteints de TDA/H et détermineront si cette approche offre une réelle alternative aux traitements médicamenteux.

 

Voir le reportage de France 3 Rhône-Alpes sur ce projet :

 

Le centre de recherche

Depuis janvier 2011, le Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon rassemble l’expertise multidisciplinaire de 11 équipes (350 membres issus de laboratoires de l’Inserm, du CNRS et de l’Université Lyon 1) permettant de nouvelles synergies dans l’étude du cerveau et des pathologies associées.

Le but de ce centre d’excellence est de relier les différents niveaux de compréhension du cerveau et de renforcer une recherche translationnelle avec des échanges permanents entre des avancées conceptuelles fondamentales et des défis cliniques.

 

Photo : © Inserm/Guénet, François


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En quoi consiste le Neurofeedback ?

Au cours d’un entrainement en Neurofeedback, l’activité cérébrale est mesurée chez des patients et cette information leur est ensuite transmise par voie visuelle ou auditive. En prenant connaissance des niveaux de son activité cérébrale, le patient peut ainsi la modifier, à force d’entraînement, grâce à un retour sensoriel (toujours visuel ou auditif). Cela est le plus souvent réalisé grâce à un dispositif de type interface cerveau-machine, où le cerveau du patient est mis en relation directe avec un ordinateur, lequel traduit l’activité mesurée. Ce dispositif peut se trouver sous la forme d’une interface ludique, par exemple sous forme de jeu vidéo.

© Inserm/Guénet, François

La Fondation d’entreprise Groupe EDF a pour vocation de soutenir des initiatives positives issues de la société civile et de faire effet-levier sur des dispositifs novateurs.

La fondation a permis de financer 44 000€ sur ce projet.

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Jérémie Mattout est ingénieur de formation, docteur en Neurosciences Cognitives de l’Université Paris 6 et Chargé de Recherche INSERM, au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon.

Une part importante de ses projets concernent le développement d’interfaces cerveau-machine non-invasives à visées fondamentale et clinique.

Témoignage du chercheur

« Le choix de ce projet a été motivé par le soucis de voir nos travaux de recherche fondamentale aboutir à des solutions concrètes, pour les patients. 

Le financement de la FRC et de la Fondation EDF est essentiel aujourd’hui pour finaliser cette étude longue, lourde et coûteuse, et pour mener à bien toute la phase finale d’analyse des nombreuses données recueillies.

Cette étude unique en son genre sera très riche en enseignements, à la fois pour l’application clinique ciblée et pour les recherches plus fondamentales associées.

Dans le meilleur des cas, nous espérons aboutir à un outil de réhabilitation qui sera opérationnel et commercialisable à relativement court terme. En cela, le financement de la FRC apporte une contribution essentielle, à un moment clé du projet. »

"Plasticité et réparation : réparer le cerveau et/ou la moelle épinière"

► Voir tous les projets financés par a FRC en 2018 sur ce thème 

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