Mieux comprendre les réponses immunitaires dans les méninges du cerveau - Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC)

Mieux comprendre les réponses immunitaires dans les méninges du cerveau

Porteur du projet : Rejane RUA – Centre d’Immunologie de Marseille Luminy (CIML)

Titre du projet : Contrôle spatio-temporel des infections neurologiques par les macrophages des méninges

Le projet est soutenu par l’Association France Parkinson et l’expertise scientifique assurée par le Conseil Scientifique de la FRC.

Montant : 80 000 €

 

Descriptif du projet

Les réponses immunitaires du cerveau sont cruciales pour empêcher le développement d’infections, pouvant être à l’origine de maladies neuro-inflammatoires et neurodégénératives. La plupart des études à ce sujet se sont concentrées sur la contribution des cellules immunitaires localisées dans les couches profondes du cerveau. L’équipe de Réjane Rua a entrepris de rechercher de nouvelles stratégies qui permettent de contrôler la neuro-infection. Entre autres, elle a montré que la nature et l’état d’activation des cellules immunitaires qui résident à la surface du cerveau peuvent profondément influencer la neuro-inflammation et la neurodégénérescence dans différents contextes pathologiques. En effet, le cerveau est enveloppé de membranes appelées méninges qui contiennent un vaste réseau de macrophages, des cellules ayant notamment pour rôle de capter les particules étrangères, informer et réguler le système immunitaire. Ces cellules en surface sont donc positionnées de manière idéale pour détecter les pathogènes et orchestrer le recrutement de cellules immunitaires dans le cerveau. Peu de choses sont toutefois connues sur les réponses immunitaires initiées dans les méninges. De plus, plusieurs études récentes ont mis en lumière un rôle potentiellement bénéfique des méninges dans la maladie de Parkinson.

Le premier objectif de ce projet sera de comprendre comment les macrophages à la surface du cerveau détectent les agents pathogènes et recrutent des cellules immunitaires périphériques pour empêcher la propagation des microbes dans le cerveau. Des sous-populations distinctes de macrophages seront recherchées, à l’état de repos et lors d’infections microbiennes, grâce à des approches de cytométrie, de transcriptomique et d’imagerie. Le second objectif sera d’étudier comment le vieillissement impacte l’efficacité des réponses immunitaires dans le cerveau. En effet avec l’âge ces réponses sont dérégulées, ce qui peut altérer les fonctions cérébrales. Les chercheurs regarderont si le vieillissement peut entraver la capacité des macrophages à protéger le cerveau en diminuant la détection des pathogènes et le recrutement immunitaire. De nouvelles stratégies seront proposées pour restaurer cette immunité à la surface du cerveau et ainsi protéger cet organe vital. En parallèle, des modèles murins de la maladie de Parkinson seront utilisés afin de comprendre le rôle des cellules immunitaires des méninges dans l’initiation et le développement de cette pathologie neurodégénérative.

Ce projet permettra de mieux comprendre les réponses immunes dans les méninges du cerveau, pour ouvrir la voie vers de nouveaux traitements contre les maladies neuro-inflammatoires et neurodégénératives, en particulier la maladie de Parkinson.

 

Témoignage de Rejane RUA, porteuse du projet :

« Le rôle des cellules immunitaires des méninges dans la maladie de Parkinson n’a pas encore été étudié. Nous avons déjà montré que ces cellules pouvaient selon les cas être toxiques ou bénéfiques, et influencer la neurotoxicité et la neuro-inflammation (cas d’infection, d’autoimmunité, vieillissement). Nous pensons donc qu’elles peuvent également jouer un rôle dans la maladie de Parkinson. »

Rejane Rua et son équipe sont des spécialistes de la neuro-inflammation. Ils cherchent à élucider la complexité et la plasticité remarquable des cellules sentinelles de l’immunité afin de comprendre leur rôle dans la santé et dans les maladies du cerveau. L’équipe bénéficiera de l’expertise de collaborateurs locaux, le Dr. José Boucraut et le Dr. Constance Hammond qui ont une expertise dans les modèles cliniques et expérimentaux des maladies neurologiques, notamment de la maladie de Parkinson.

 

 

Photographie :  © Inserm / Virgone-Carlotta Angélique – Macrophages en culture

PROJET FINANCÉ PAR L'ASSOCIATION FRANCE PARKINSON

La FRC et ses membres lancent chaque année leur Appel à Projets en recherche sur une thématique donnée en relation avec les pathologies neurologiques et psychiatriques.

C’est dans ce cadre que l’association France Parkinson, membre fondateur de la FRC, s’est positionnée pour soutenir ce projet de recherche sélectionné par le Conseil Scientifique de la FRC, et en lien avec la maladie de Parkinson.

Rejane RUA a obtenu son poste de chercheuse INSERM en 2019 pour monter son propre groupe de recherche au Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy. Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure d’Ulm, le Dr. RUA a effectué sa thèse à l’Institut Pasteur sur l’émergence virale et les mécanismes immuns contrôlant cette émergence. Ses études post-doctorales au NIH (Etats-Unis) lui ont permis de poursuivre ses recherches sur les facteurs contrôlant l’infection et l’inflammation, en se concentrant sur le cerveau. C’est à cette occasion qu’elle découvre le rôle majeur des méninges dans le contrôle de la neuro-inflammation, thème de recherche principal de son groupe de recherche actuel.

Ce projet est issu d’une équipe du Centre d’Immunologie de Marseille Luminy.

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