Les troubles du comportement alimentaire

Un trouble du comportement alimentaire (TCA) se caractérise par une perturbation du comportement en lien avec l’alimentaire, le poids et/ou l’apparence physique de la personne. Le trouble va affecter durablement la santé de la personne, son quotidien et ses relations personnelles et sociales. La personne souffre doublement : (1) à cause de son trouble et (2) des conséquences somatiques et psychiques du trouble du comportement alimentaire.

 

Les différents types de TCA

L’anorexie mentale se caractérise par (1) une restriction calorique volontaire (manger peu) ou provoquée (vomissements, utilisation de diurétiques ou laxatifs, activité physique excessive, etc…) qui entraine un amaigrissement de plus de 15% du poids ou de l’index de masse corporelle inférieur à 17,5, (2) une altération de son image corporelle (dysmorphophobie) où on ne perçoit plus sa maigreur et (3) une peur de grossir et un intense désir d’être maigre.

La boulimie se caractérise par des épisodes de prises importantes et rapides de nourriture (phases hyperphagiques) et de purges compensatoires pour maintenir le poids initial.

L’hyperphagie boulimique se caractérise par des crises compulsives de prises alimentaires sans compensation et donc elle entraine une prise de poids importante ou obésité.

 

Les symptômes

Les symptômes s’observent à différents niveaux : comportemental, physique, psychologique et psychique.

Pour le comportement, on observera de manière répétée des régimes, des accès hyperphagiques, des vomissements, une activité physique intense, la présence de rituel durant la consommation des aliments.

Pour les symptômes physiques, on observera des changements rapides de poids, de la fatigue, des étourdissements, des évanouissements, une sensibilité au froid pour l’anorexie, un arrêt ou des perturbations des ménarches (période des premières menstruations).

Pour les symptômes psychologiques et psychiques, on répertorie une peur intense de prendre du poids, une obsession grandissante pour le poids, sa silhouette et les aliments, une sensibilité aux critiques sur son apparence physique, une perte de contrôle face à certains aliments, une anxiété accrue, une humeur instable, une faible estime de soi, un état irritable jusqu’à l’état dépressif et/ou suicidaire.

 

Les origines et facteurs de risque

Les origines et facteurs de risque des TCA sont nombreux, on parle d’un trouble aux origines psycho-bio-sociales. Il y aurait plusieurs facteurs de vulnérabilité ou de prédispositions de nature génétique ou biologique et des facteurs déclenchants ou précipitants dans le trouble tels que des pressions familiales, sociales ou culturelles, voir émotionnels ou des troubles de la personnalité. Les facteurs déclenchants les plus communs sont la mise en place de régimes, l’abus sexuel durant l’enfance, des situations de harcèlements dans l’enfance qui vont entrainer l’apparition des TCA à l’adolescence ou chez le jeune adulte.

 

Quel dépistage et prise en charge ?

Le dépistage est effectué par le psychiatre et doit être exhaustif pour les comorbidités psychologiques et psychiques afin d’apporter une offre de soins pluridisciplinaires et adaptés. Il faut une alliance thérapeutique avec le patient pour qu’il prenne conscience des comportements nuisibles liés à la nourriture, au poids et à son corps. La prise en charge passe par une psychopédagogie de l’alimentation (se nourrir est vital) et des psychothérapies (augmenter l’estime de soi, réduire la rigidité et la persévérance des comportements néfastes pour la santé du patient). Il y a un contrat de reprise de poids qui peut passer par une hospitalisation. Il n’y a pas de traitements médicamenteux efficaces sur les TCA contrairement à ceux pour soigner les comorbidités telles que l’anxiété ou la dépression.

 

Quelles sont les pistes de recherche ?

Les pistes de la recherche sont axées d’une part pour mieux caractériser les facteurs de vulnérabilité et d’autre part pour comprendre la physiopathologie. Ainsi, les études épidémiologiques et de biologie moléculaire démontrent l’importance des facteurs génétiques et des gènes candidats sont maintenant identifiés mais il reste à comprendre leurs rôles dans chaque trouble des comportements alimentaires. Pour l’anorexie mentale, les gènes associés supportent le modèle d’un trouble à la fois métabolique et psychiatrique. L’utilisation de l’imagerie cérébrale fonctionnelle montre, par exemple, des altérations de l’activité cérébrale dans les régions impliquées dans la motivation et la récompense. Par ailleurs, des modèles animaux permettent de comprendre les mécanismes cérébraux centraux et périphériques en lien avec la prise alimentaire afin de développer des biomarqueurs de diagnostic ou de pronostic chez les patients.

 

Sources : 

https://www.inserm.fr/dossier/anorexie-mentale/

https://www.ffab.fr/accueil/qu-est-ce-qu-un-tca

Ramoz N et al. Génétique et épigénétique des troubles des conduites alimentaires. Biologie Aujourd’hui, 2017, V211, N1,P97-102

 

Rédaction : Nicolas Ramoz, Chargé de recherche INSERM – Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris

Les TCA en chiffres

  • Anorexie mentale : touche 1,4% des femmes et 0,2% des hommes dans le monde.
  • Boulimie nerveuse : touche 0,3 % des femmes et 0,2 % des hommes dans le monde.
  • Hyperphagie boulimique : touche 3,6% des femmes et 2% des hommes, et est fréquente chez les personnes présentant un surpoids ou de l’obésité.
  • Les TCA apparaissent le plus souvent à l’adolescence. Pour l’anorexie, 50% des cas pris en charge à l’adolescence guérissent. Hélas, 5% des patients anorexiques décèdent des conséquences de leur dénutrition ou par suicide chez qui le risque de passer à l’acte est multiplié par 23.

Projet de Catherine TALLON-BAUDRY financé par la FRC en 2021

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POINTS COMMUNS

Le saviez-vous ? On estime que la moitié des malades atteints de troubles du comportement alimentaire souffrent également de troubles psychiatriques : anxiété, phobies, TOC, addictions ou encore troubles de la personnalité.

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