Améliorer les difficultés sociales des patients schizophrènes - Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC)

Améliorer les difficultés sociales des patients schizophrènes

Porteur du projet : Malika AUVRAY – Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique (ISIR, Sorbonne Université, Paris)

Titre du projet : Dans les chaussures d’un autre : Améliorer la prise de perspective sociale grâce à la flexibilité spatiale chez les patients schizophrènes

Le projet est conjointement soutenu par l’UNAFAM, la Girafe Lyrique et la FRC. L’expertise scientifique a été assurée par le Conseil Scientifique de la FRC.

Montant : 80 000 €

 

Descriptif du projet

Le retrait social est l’un des facteurs les plus néfastes accroissant voire déclenchant des troubles psychiatriques. Se mettre « à la place de quelqu’un d’autre » décrit la capacité à adopter une perspective autre que la sienne. C’est une capacité essentielle pour pouvoir interagir efficacement avec autrui. Une telle capacité de prise de perspective implique non seulement un raisonnement au niveau social (comprendre les pensées, désirs ou intentions d’autrui) mais aussi au niveau spatial (l’objet qui est à ma droite est pour autrui à sa gauche). Les perspectives sociales et spatiales ont majoritairement été étudiées séparément, mais de nouvelles théories suggèrent que les deux partagent des mécanismes neuronaux communs. De plus, plusieurs pathologies impliquant des troubles de la cognition sociale sont associées à des difficultés de prises de perspectives, et c’est particulièrement le cas de la schizophrénie. Les difficultés éprouvées par les personnes schizophrènes à comprendre les pensées, désirs et intentions d’autrui pourraient être dues en partie à des difficultés à percevoir des informations selon différentes perspectives spatiales.

De récentes études au sein du laboratoire de Malika Auvray ont montré un lien entre perspectives spatiales et sociales chez l’homme. L’objectif de ce projet est ainsi d’étudier comment et dans quelles mesures le traitement de l’information sociale peut être amélioré chez les patients schizophrènes, grâce à une amélioration de leur flexibilité à changer de perspectives spatiales. Les effets d’un test d’entraînement de flexibilité spatiale sur différentes tâches de cognition sociale seront évalués chez des patients schizophrènes, en comparaison de patients sains de même âge, sexe et niveau d’éducation. Ce test d’entraînement repose sur l’idée d’utiliser la façon dont des lettres doivent être lues en fonction de leur emplacement, dans le but de refléter la difficulté des patients schizophrènes à se mettre à la place des autres. Une ceinture tactile composée d’un ensemble de vibrateurs rectangulaires sera utilisée pour tracer les stimuli de lettres (b, d, p et q par exemple) sur l’abdomen du participant. Selon la perspective spatiale adoptée par le participant (égocentrique ou décentrée), les lettres seront perçues différemment. Ceci permettra d’évaluer la capacité du patient de passer d’une perspective de soi à une autre. Avant et après ce test, les participants effectueront une tâche de cognition sociale, afin d’évaluer si l’entraînement à la flexibilité spatiale améliore leur capacité socio-cognitive.

Ces travaux permettront de mieux comprendre les processus cognitifs clés à prendre en charge pour améliorer les difficultés sociales des patients schizophrènes. Compte tenu du nombre très limité d’outils disponibles pour lutter contre le retrait social et l’isolement fréquents chez ces patients, ce projet très innovant apporte un grand potentiel de développement de nouvelles techniques pour une amélioration des interactions sociales.

 

Témoignage de Malika Auvray, porteur du projet :

« Pour les années à venir, nous espérons que ce projet constituera la pierre angulaire d’un projet de recherche plus vaste. Nous visons à étendre ces travaux à l’ensemble des personnes souffrant de déficits de la cognition sociale (tels que les personnes souffrant de troubles du spectre autistique). Nous espérons à la fois contribuer à comprendre quels sont les processus clés à cibler pour améliorer les déficits sociaux et contribuer au développement d’outils et de méthodologies basés sur la plasticité cérébrale permettant de telles améliorations ».

 

Ce projet sera effectué par l’équipe de Malika Auvray, en étroite collaboration avec une équipe du Centre national d’aide aux enfants et adolescents à haut potentiel (CNAHP, Centre Hospitalier Guillaume Régnier, Rennes), où les patients seront recrutés. Ce projet réunit ainsi des spécialistes dans les domaines de la psychologie expérimentale, de la psychologie clinique, de la psychiatrie et du traitement des signaux sociaux.

 

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Photographie :  © Pixabay – Cellules humaines

PROJET CO-FINANCÉ PAR L'UNAFAM

La FRC et ses membres lancent chaque année leur Appel à Projets en recherche sur une thématique donnée en relation avec les pathologies neurologiques et psychiatriques.

C’est dans ce cadre que l’UNAFAM, membre actif de la FRC, s’est positionnée pour soutenir ce projet de recherche sélectionné par le Conseil Scientifique de la FRC, et en lien avec les maladies psychiatriques.

PROJET CO-FINANCÉ PAR LA GIRAFE LYRIQUE

La Girafe Lyrique est une association regroupant des passionnés du chant choral et des relations humaines. Elle organise tous les 2 ans un grand évènement, Venite Cantemus, qui rassemble à Paris plusieurs centaines de choristes venus de France, d’Europe et de plus loin encore, pour chanter au profit de la recherche sur les troubles psychiques dans un lieu unique le temps d’un week-end.

En 2021, les bénéfices du concert de Venite Cantemus seront reversés au projet de recherche du Dr. Malika Auvray.

Malika AUVRAY est chercheuse CNRS en neurosciences cognitives à l’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique. Ses intérêts de recherche incluent la cognition spatiale, la perception multisensorielle et la substitution sensorielle. Elle a publié 50 articles et chapitres de livres et a donné plus de 120 communications sur ces sujets. Malika Auvray a coordonné plusieurs projets de recherche visant à comprendre 1) les processus sous-jacents de la cognition spatiale, 2) comment les processus perceptifs diffèrent entre les modalités sensorielles, ainsi que 3) comment des fonctions perceptives défaillantes peuvent être compensées grâce à la plasticité cérébrale.

Le centre de recherche

Ce projet est issu d’une équipe de l’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique (ISIR) .

> En savoir plus sur l’Institut

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