Facteurs génétiques de vulnérabilité/protection contre l’obésité et les troubles psychiatriques associés

Porteur du projet : Serge LUQUET – Unité de Biologie Fonctionnelle et Adaptative (BFA) (Université de Paris)

Titre du projet : Le polymorphisme TaqIA/Ankk1-DRD2 : bases moléculaires et cellulaires de la résistance/vulnérabilité aux pathologies centrales induites par l’alimentation.

Montant : 80 000 €

 

Descriptif du projet

L’obésité est principalement liée à la surconsommation d’aliments caloriques qui semble résulter de perturbations du système cérébral de la récompense. Des perturbations de ce système sont mises en cause dans les addictions. Ceci a donc conduit à l’hypothèse que l’obésité serait comparable à une forme d’addiction, à savoir que certains individus seraient plus susceptibles au développement de comportements alimentaires désadaptés. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 39% des adultes seraient en surpoids et 13% souffriraient d’obésité. Il semble donc urgent d’identifier des facteurs de vulnérabilité et de protection pour lutter contre ce trouble et les maladies psychiatriques associées.

Le polymorphisme génétique correspond aux variations dans la séquence d’ADN (on parle d’allèles) qui existent naturellement dans une population. Il a été montré que le polymorphisme TaqIA A1 est un facteur majeur de vulnérabilité génétique non seulement à l’obésité mais également à plusieurs troubles mentaux tels que l’addiction. TaqIA consiste en une variation dans le gène codant pour la protéine Ankk1 dont la fonction est inconnue. L’équipe du Dr. Serge Luquet a précédemment montré que les porteurs de ce polymorphisme ont une activité cérébrale altérée en réponse à des signaux alimentaires. De plus, la protéine Ankk1 semble être enrichie dans les neurones exprimant le récepteur à la dopamine D2 (DRD2), connu pour être impliqué dans certaines addictions.

Dans ce projet, les chercheurs se proposent d’évaluer chez un modèle murin les conséquences métaboliques et comportementales de la suppression d’Ankk1 dans les neurones exprimant DRD2 par des approches allant de la molécule au comportement. Ils supposent que la perte de fonction d’Ankk1 dans ces neurones serait suffisante pour mimer le phénotype TaqIA A1 humain. Ils tenteront ainsi d’établir le lien entre la perte de fonction de l’Ankk1 dans les neurones DRD2 et les dysfonctionnements métaboliques et de récompense liés à l’obésité et essaieront également de comprendre les mécanismes moléculaires par lesquels Ankk1 pourrait modifier la signalisation dopaminergique DRD2.

Ce projet pourrait permettre d’identifier des facteurs génétiques de protection/vulnérabilité au développement de l’obésité et des troubles psychiatriques associés.

Photo de l’équipe « COFFEE »  (Central COntrol oF Feeding behaviour and Energy Expenditure)  dirigée par le Dr. Serge Luquet.

L’équipe du Dr. Serge Luquet collaborera avec l’équipe du Dr. Lucile Capuron du Laboratoire NutriNeuro du Neurocampus de Bordeaux. Ces deux équipes possèdent tous les outils génétiques nécessaires à l’avancement de ce projet ainsi qu’une longue expertise dans l’étude du contrôle de la prise alimentaire, des troubles psychiatriques et des perturbations du système de récompense associées.

 

Témoignage de Serge LUQUET, porteur du projet :

« Ce projet se situe à l’interface entre neurobiologie, nutrition et métabolisme. Il explore les déterminants génétiques et moléculaires qui rendent le cerveau plus susceptible ou résistant aux développements de troubles psychiatriques et alimentaires lors d’une exposition à des nourritures trop riches.  En règle générale, ce projet s’inscrit dans une thématique de recherche de l’équipe que j’anime et qui me tient particulièrement à cœur, c’est-à-dire replacer le cerveau comme un organe qui influence et qui est influencé par l’environnement nutritionnel et métabolique. »

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Photographie :  © Inserm / Lavenne Franck

Serge LUQUET est Directeur de Recherche au CNRS. Durant son stage post-doctoral à l’Université de Washington aux Etats-Unis, le Dr. Luquet s’est principalement concentré sur la manière dont certains neurones dans le cerveau contrôlent le comportement alimentaire. Il anime aujourd’hui une équipe au sein de l’Unité Biologie Fonctionnelle et Adaptative de l’Université de Paris, qui s’intéresse particulièrement à la manière dont le cerveau et les différents organes communiquent entre eux pour maintenir la « balance énergétique », c’est-à-dire l’équilibre entre ce que l’on mange et ce que l’on dépense en énergie.

Le centre de recherche

Ce projet est mené par une équipe de l’Unité de Biologie Fonctionnelle et Adaptative du Pôle des Sciences du Vivant de l’Université de Paris.

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