Les actualités autour de la maladie d’Alzheimer - Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC)

Les actualités autour de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer toucherait aujourd’hui plus de 900 000 personnes en France, un chiffre qui serait, selon les estimations, amené à continuer de progresser drastiquement. Bien que de mieux en mieux comprise, les chercheurs peinent cependant à mettre au point de nouvelles thérapeutiques pour ralentir la progression voire guérir complètement cette pathologie neurodégénérative très complexe.

  • Le 7 juin 2021 a marqué un nouveau tournant dans la lutte contre Alzheimer, avec l’approbation accélérée aux Etats-Unis d’une molécule qui redonne de l’espoir.

La maladie d’Alzheimer est caractérisée par un déclin progressif de la mémoire récente, et plus généralement des fonctions cognitives et exécutives, amenant à une perte d’autonomie. Le développement de ces troubles est notamment dû à deux types de lésions dans le cerveau : une accumulation anormale de la protéine β-amyloïde formant des « plaques séniles », et une phosphorylation anormale de la protéine tau s’agrégeant en neurofibrilles dans les neurones. Ces deux altérations entraînent in fine une dégénérescence des neurones, à l’origine des troubles cognitifs. Ce processus très lent peut prendre de nombreuses années avant que les symptômes de la maladie n’apparaissent.

Le 7 juin 2021, la FDA (Food and Drug Administration, l’agence américaine du médicament) a approuvé la mise sur le marché américain d’une nouvelle molécule, l’Aducanumab (Aduhelm), développée par le laboratoire Biogen (Cambridge, Massachusetts). C’est la première fois depuis 2003 qu’un nouveau traitement obtient cette autorisation. Basé sur une technique d’immunothérapie, l’aducanumab est un anticorps qui se lie aux protéines toxiques β-amyloïdes et qui permet de briser ces plaques. Plusieurs études cliniques réalisées auprès de 3 482 patients ont permis d’attester une réduction significative des plaques amyloïdes chez les personnes ayant reçu ce traitement par voie intraveineuse, alors qu’aucune réduction n’a été détectée chez celles ayant reçu un placebo. Ce traitement, qui coûte actuellement 56 000$ par an et par patient, est destiné aux personnes atteintes de troubles cognitifs légers ou de maladie d’Alzheimer à un stade précoce dans le but de potentiellement ralentir le déclin cognitif, mais il ne permet pas de stopper l’évolution de la maladie.

Il est également nécessaire de rester prudent. Bien que ce médicament semble avoir un vrai impact sur les processus biologiques de la pathologie, le bénéfice clinique reste à prouver. Un nouvel essai clinique va donc être mené sur un plus large échantillon afin de vérifier si l’aducanumab a de réels effets sur les fonctions cognitives. Si cette nouvelle étude ne permet pas de vérifier le bénéfice clinique, la FDA se réserve le droit d’engager une procédure pour retirer l’approbation du médicament. De plus, son utilisation est associée à un certain nombre d’effets indésirables chez 35% des patients, nécessitant parfois l’arrêt du traitement.

Cette approbation constitue cependant un nouvel encouragement pour poursuivre la recherche sur la maladie d’Alzheimer, mais aussi sur d’autres pathologies neurodégénératives. En effet, ce principe d’immunothérapie est également à l’étude pour d’autres maladies liées à une accumulation de protéines toxiques, comme la maladie de Parkinson (α-synucléine), la Sclérose Latérale Amyotrophique (TDP-43), la maladie de Huntington (huntingtine) ou encore les maladies à prions.

 

Sources :

– Site internet www.fda.gov

– Site internet www.fondation-alzheimer.org

 

Rédaction : Céline Petitgas, chargée des actions scientifiques de la FRC.

 

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