Les effets de la caféine sur les troubles cognitifs dans la maladie d’Alzheimer - Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC)

Les effets de la caféine sur les troubles cognitifs dans la maladie d’Alzheimer

Porteur du projet : Thibaud LEBOUVIER – Centre de Mémoire de Ressources et de Recherche (CMRR) du CHU de Lille

Titre du projet : Effets à long terme de la caféine sur le métabolisme cérébral, la perfusion et la connectivité dans la maladie d’Alzheimer au stade débutant à modéré : étude ancillaire en neuroimagerie de l’essai thérapeutique CAFCA.

Le projet est conjointement soutenu par la Fondation Carrefour et la FRC. L’expertise scientifique a été assurée par le Conseil Scientifique de la FRC.

Montant : 80 000 €

 

Descriptif du projet

Le café est la substance psychoactive la plus consommée dans le monde. L’effet stimulant sur l’attention de la caféine est bien connu, et il a été démontré que le café pouvait favoriser la mémorisation. Sa consommation est également associée à un moindre déclin cognitif avec l’âge, et à une réduction de la survenue de la maladie d’Alzheimer (MA). Les travaux antérieurs de l’équipe porteuse du projet ont montré en outre un effet protecteur de la caféine et de ses dérivés sur la perte des synapses (zones de communication entre neurones) dans des modèles animaux de MA. Bien qu’un effet neuroprotecteur de la caféine ait été démontré dans des modèles précliniques de la maladie et par des études épidémiologiques chez l’Homme, les scientifiques connaissent peu les mécanismes impliqués, notamment au niveau moléculaire et cellulaire.

L’étude ancillaire CAFCA-NI (pour « effet de la CAFéine sur la Cognition dans la maladie d’Alzheimer en NeuroImagerie ») vise à étudier l’effet d’une consommation chronique de caféine sur des marqueurs de neurodégénérescence chez des patients atteints de maladie d’Alzheimer. Cinquante patients souffrant de MA débutante à modérée seront recrutés parmi les participants à l’essai thérapeutique CAFCA (CAFéine et Cognition dans la MA), qui teste l’effet de la caféine à 400mg/jour contre un placebo pendant 30 semaines sur les fonctions cognitives (cette étude multicentrique et en double aveugle à débuter en 2020). L’équipe profitera ainsi de cette grande étude clinique pour réaliser en parallèle son projet de neuroimagerie. Les chercheurs analyseront différents biomarqueurs par neuroimagerie en utilisant la tomographie par émission de positons (TEP) et l’imagerie par résonnance magnétique (IRM). Les biomarqueurs qui seront étudiés sont associés aux changements dégénératifs connus dans la maladie d’Alzheimer. Ils permettront de visualiser par exemple l’activité synaptique, la perte de connexions cérébrales ou la diminution du débit sanguin cérébral. L’évolution de ces marqueurs sera analysée avant et quelques semaines après l’arrêt du traitement (pour écarter les effets aigus de la caféine), dans les groupes caféine et placebo.

Ce projet permettra d’évaluer l’effet neuroprotecteur présumé de la caféine sur la neurodégénérescence. A l’heure du déremboursement des seuls traitements symptomatiques disponibles dans la maladie d’Alzheimer, l’identification de facteurs environnementaux comme la consommation de café susceptibles de modifier le cours de la MA serait plus que nécessaire.

>Pour suivre en temps réel l’avancement de ce projet, l’équipe a créé un site consultable à cette adresse : https://www.cafca-alzheimer.fr. L’étude ancillaire CAFCA-NI y est décrite ici : https://www.cafca-alzheimer.fr/cafca-connect.

 

 

Témoignage de Thibaud LEBOUVIER, porteur du projet :

« Je suis heureux que nous soyons en mesure d’avoir bientôt la réponse à une question scientifique et médicale importante : la caféine est-elle bénéfique dans la maladie d’Alzheimer ? Que la réponse soit positive, neutre ou négative, il faut que nous le sachions. La caféine est la substance psychoactive la plus consommée au monde – savoir si elle est recommandable dans la première cause de trouble cognitif au monde est une question évidemment pertinente. Nous n’avons pas de doute sur le fait que nous ferons progresser les connaissances avec cette étude ».

Cette étude sera effectuée en collaboration avec de nombreux professeurs universitaires praticiens-hospitaliers (PU-PH) et avec l’équipe Inserm du Dr. Blum du Laboratoire Lille Neurosciences & Cognition (anciennement centre de recherche Jean-Pierre Aubert). Le recrutement des patients aura lieu au Centre de Mémoire de Ressources et de Recherche du CHU de Lille et au sein du réseau régional Méotis. Tous les examens d’imagerie seront réalisés au CHU de Lille par les départements de Médecine Nucléaire (Pr. Semah) et de Neuroradiologie (Pr. Pruvo), équipés et reconnus au niveau international.

 

 

Photographie :  © Pixabay

PROJET CO-FINANCÉ PAR LA FONDATION CARREFOUR

Créée en 2000, la Fondation d’entreprise Carrefour remplit une mission d’intérêt général en France et dans le monde en faveur de la transition alimentaire solidaire. Son engagement s’appuie sur 3 axes majeurs : l’anti-gaspillage solidaire, l’agriculture durable et solidaire et l’engagement sociétal.

C’est dans ce cadre qu’elle soutient une nouvelle fois cette année un projet de recherche innovant pour lutter, via l’alimentation, contre les maladies du cerveau.

Après un Doctorat de Médecine et un Doctorat de Sciences, le Dr. Thibaud LEBOUVIER est aujourd’hui neurologue au sein du Service de Neurologie C et du Centre de Mémoire de Ressources et de Recherche du CHU de Lille. Son poste de Maître de Conférence-Praticien Hospitalier (MCU-PH) à l’Inserm lui permet de dispenser des enseignements de neurologie, et de faire en parallèle de la recherche au sein de l’Unité Inserm U-1172 du Laboratoire Lille Neurosciences & Cognition, où il s’intéresse particulièrement à la maladie d’Alzheimer et autres tauopathies.

Ce projet est issu d’une équipe du Centre de Mémoire de Ressources et de Recherche du CHU de Lille.

> En savoir plus sur le centre

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