Le cerveau agressé par son environnement : les addictions

Les troubles addictifs sont un sujet d’intérêt grandissant du fait du nombre de personnes touchées et des conséquences de ces maladies.

Depuis de nombreuses années la FRC est consciente de cet enjeu ainsi que de l’importance de permettre à la recherche d’avancer à ce sujet. Elle a d’ailleurs financé plusieurs projets de recherche sur cette thématique.

Addiction 

Les drogues ont un effet direct sur le cerveau. L’exposition répétée aux drogues induit des modifications du fonctionnement des neurones ainsi que des modifications de certaines structures cérébrales. Cela peut aboutir à une perte de contrôle de la consommation et le développement d’addiction. De plus, la consommation peut entrainer une détérioration de certaines fonctions cognitives telles que la prise de décision, la mémoire. Une étude menée par une équipe de l’INSERM à démontrer que la consommation excessive d’alcool est associée à une augmentation du risque de démences. Enfin, les drogues entraînent une altération du fonctionnement du cerveau qui se manifeste, entre autres, par des perturbations du comportement et peut même aller jusqu’à favoriser le déclenchement de psychoses. De plus, la consommation de ces substances, telle la consommation d’alcool avec abus, n’a pas les mêmes effets à tous les âges de la vie. En particulier, une consommation d’alcool à l’adolescence peut avoir des effets fortement négatifs et entrainer plus rapidement une addiction qu’à l’âge adulte. De même, l’exposition fœtale aux drogues a des conséquences très lourdes sur le développement du cerveau.

Il existe également des addictions de type comportemental tels que les jeux. Ce type d’addictions va mener aux mêmes stimuli qu’en cas d’addiction à certaines substances. Récemment, l’OMS a reconnu comme maladie l’addiction aux jeux vidéos

En savoir plus sur les addictions

Projets financés par la FRC

Le Dr Oussama Kebir, lauréat de la FRC en 2017, étudie la vulnérabilité psychiatrique à l’environnement chez les jeunes sujets à haut risque. Son objectif est de mettre en évidence les modifications biologiques accompagnant l’entrée dans la psychose (schizophrénies, troubles de l’humeur avec éléments psychotiques) afin de permettre une détection précoce, voire l’identification de stratégies thérapeutiques préventives. Il s’intéresse particulièrement aux effets biologiques des éléments déclencheurs dans l’environnement de vie, dont la consommation de drogues.

Dans cette même thématique, la FRC et l’UNAFAM ont financé en 2016 le projet du Dr Valentine Bouet qui a pour objectif de valider le nouveau modèle murin associant une altération génétique, un stress post-natal précoce et une exposition au cannabis durant l’adolescence. La combinaison de ces trois facteurs entraîne des modifications du comportement des animaux mais aussi dans la structure de leur cerveau qui sont proches de celles que l’on retrouve chez le patient souffrant de schizophrénie. Ce projet pourra permettre de mesurer l’efficacité de traitements pharmacologiques sur les troubles observés.

Les français, leur cerveau et son environnement

En plus de financer la recherche sur les effets de la consommation de drogues, la FRC a mené en 2018 un sondage afin d’identifier les connaissances des Français sur les facteurs agissant sur leur cerveau. Ce sondage a permis de révéler que les Français ont conscience du risque de la consommation de drogues sur la santé de leur cerveau. En effet, 68% déclarent que les drogues ont un impact très négatif sur le cerveau, les plaçant devant les autres facteurs de risque.

Il leur a ensuite été demandé les éléments qu’ils identifiaient comme pouvant favoriser le développement d’une addiction. Les Français ont placé en priorité l’isolement social et la facilité d’accès aux substances addictives. Ces résultats corrèlent avec ceux des experts scientifiques interrogés. Cependant, les Français indiquent ensuite le manque de volonté de la personne, contrairement aux experts scientifiques. Or des travaux de recherche, dont certains financés par la FRC, ont démontré que les addictions étaient dues à un mécanisme biologique au niveau des cellules du cerveau. D’autres éléments peuvent entrer en jeu et sont identifiés par les Français tels que le stress, les chocs traumatiques vécus et les facteurs héréditaires.

 

Projet FRC

« Le financement de la FRC va permettre à ce projet d’explorer un niveau biologique extrêmement intéressant et jusque-là non exploré dans cette pathologie. Ce travail permettra d’avoir des données inédites et d’apporter des éclairages plus précis sur les modifications biologiques qui accompagnent l’apparition d’une psychose chez les jeunes sujets à risque. »

Dr Oussama Kebir, lauréat de la FRC en 2017

Les français, leur cerveau et son environnement

Découvrez le sondage réalisé par la FRC sur l’environnement du cerveau, comportant des questions sur le stress, les addictions, le sommeil, l’activité physique…

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