Comprendre les mécanismes cognitifs impliqués dans la dépendance à la nicotine - Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC)

Comprendre les mécanismes cognitifs impliqués dans la dépendance à la nicotine

Porteur de projet : Dr Uwe Maskos – Institut Pasteur, Paris

Titre du projet : « Modélisation des conséquences d’un polymorphisme humain sur les processus cognitifs mis en jeu au cours de la dépendance »

Subvention attribuée par la FRC en 2012 : 50 000

 

Description du projet

La dépendance tabagique entraîne la mort de plus de cinq millions de personnes chaque année. La nicotine est le composé psychoactif majoritairement responsable de la dépendance au tabac. Son administration répétée modifie le fonctionnement du cerveau, en agissant notamment sur les circuits neurobiologiques impliqués dans la gestion des émotions et la prise de décision.

La nicotine exerce ses propriétés motivationnelles en activant les neurones dopaminergiques. Elle exerce également une action bénéfique sur certains processus émotionnels et cognitifs qui est importante à prendre en compte dans la mesure où cette action est susceptible de renforcer le comportement tabagique dans le cadre d’une hypothèse d’automédication.

L’action de la nicotine passe par son interaction avec les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine, un neuromédiateur qui module entre autres l’activité du cortex préfrontal (région du cerveau impliquée dans les capacités cognitives, la prise de décision, l’interaction sociale, le contrôle des pulsions…). Ces récepteurs nicotiniques sont situés à la surface des cellules nerveuses et son constitués de 5 sous-unités α et β. Récemment, des études génétiques humaines ont révélé que des altérations dans l’ADN codant pour les gènes de ces récepteurs prédisposent l’Homme au tabagisme.

 

L’objectif principal de ce projet porté par l’équipe du Dr Uwe Maskos est d’étudier ces récepteurs méconnus et qui pourraient jouer un rôle essentiel dans les effets addictifs de la nicotine. Ces chercheurs proposent d’identifier les processus cognitifs impliqués dans le développement de la dépendance aux drogues qui se trouvent modulés par les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine contenant la sous-unité α5, et d’identifier les conséquences fonctionnelles des variations génétiques sur ces processus pour comprendre comment il augmente le risque de dépendance à la nicotine mais diminue celui de la dépendance à la cocaïne. Pour cela, ils étudieront un ensemble de fonctions cognitives et de comportements mis en jeu au cours des différentes étapes la dépendance.

 

Cette équipe a publié une étude le 23 janvier 2017, paru dans « Nature Medicine », démontrant que la nicotine permet de rétablir l’activité de cellules nerveuses dont le déficit est associé à des troubles psychiatriques, comme la schizophrénie. Des travaux qui laisse présager une nouvelle piste thérapeutique pour le traitement de cette pathologie psychiatrique.

 

Le centre de recherche

Créé en 1887, l’Institut Pasteur est un institut international de recherche et d’enseignement, basé en France, au cœur des progrès futurs de la science, de la médecine et de la santé publique. Fondation privée à but non lucratif reconnue d’utilité publique, l’Institut Pasteur accomplit quatre grandes missions d’intérêt général : recherche, enseignement, santé publique et valorisation de la recherche scientifique.

 

Photo : © Inserm/Delapierre, Patrick
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Portrait de Uwe Maskos

Uwe Maskos est responsable de l’équipe “Neurobiologie intégrative des systèmes cholinergiques” de l’Institut Pasteur. Leurs travaux ont pour objectif d’étudier les mécanismes moléculaires et les circuits neuronaux qui sous-tendent les fonctions exécutives et la dépendance à la nicotine.

Contrairement aux idées reçues, l’addiction ne reflète pas une faiblesse ou un manque de volonté chez l’individu dépendant.

Les substances psychoactives agissent sur le système cérébral, l’envahissent, modifient son fonctionnement. Le cerveau subit des perturbations complexes de ses mécanismes, entraînant une perte totale de contrôle du comportement chez ces personnes. Il s’agit donc d’une maladie neurologique qui doit être considérée et traitée comme telle.

► Découvrir notre dossier sur les addictions

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