107 candidatures reçues en phase 1 de l'Appel à Projets 2021 - « Le cerveau et l’environnement interne du corps » - Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC)

107 candidatures reçues en phase 1 de l’Appel à Projets 2021 – « Le cerveau et l’environnement interne du corps »

Au mois de septembre, la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau lançait son Appel à Projets annuel dans la continuité de la thématique abordée en 2019 puis 2020: « Le cerveau et son environnement ». La compréhension de l’impact de notre environnement et notre mode de vie sur le cerveau est considérée par la communauté scientifique comme essentielle et indispensable pour comprendre comment apparaissent les maladies neurologiques et psychiatriques, et tenter de comprendre comment les prévenir et les guérir.

 

En 2021, la FRC a choisi d’axer son Appel à Projets sur « Le cerveau et l’environnement interne du corps ». En effet, parmi les facteurs de risques dans le développement des pathologies du cerveau, sont impliqués les composants de l’environnement qui nous entoure (le stress, l’isolement, les polluants, le manque de sommeil, les produits chimiques…), mais aussi les facteurs de l’environnement interne à notre corps (notre métabolisme, notre système endocrinien, nos réactions immunitaires, nos microbiotes, les affections de nos organes…). L’objectif est d’étudier les interactions entre notre système nerveux et son environnement proche : notre organisme.

Les chercheurs avaient jusqu’au 07 octobre 2020 pour adresser leur lettre d’intention. Nous avons reçu 107 candidatures venant de toute la France.
L’Appel à Projets est segmenté par cinq axes de recherche. Découvrez le nombre de candidatures reçues pour chaque axe de recherche défini, ainsi que les maladies concernées et les méthodes qui seront appliquées.

 

  • Les axes de recherche représentés

Cinq grands axes de recherche sont représentés. Voici des éléments pour chacun :

  • Le métabolisme: environ 31 % des dossiers reçus. On y retrouve :
    • Le métabolisme glucidique : régime riche en sucre, contrôle de la glycémie, diabète de type 2, consommation de fructose, diète cétogène
    • Le métabolisme du cholestérol : régime hyperlipidique (riche en graisse), consommation d’oméga 3 et 6, obésité
    • Le contrôle de la prise alimentaire, l’addiction alimentaire chez les sujets obèses, les effets de l’obésité maternelle, la régulation du système endocannabinoïde
    • Le métabolisme énergétique, les régimes hypercaloriques, la consommation de vitamine B9 et B12
    • La recherche de biomarqueurs métaboliques
  • Le système endocrinien (hormonal) : environ 9% des dossiers reçus. On y retrouve :
    • Les hormones sexuelles : androgènes, œstrogènes, progestérone, testostérone
    • Les hormones liées à la prise alimentaire : l’insuline (régulation de la glycémie), la leptine (hormone digestive de satiété), la ghréline (hormone digestive stimulant l’appétit), l’hormone de mélano-concentration (contrôle l’appétit et le stockage de graisses)
    • L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (ou axe corticotrope) : les glucocorticoïdes, le cortisol
    • D’autres hormones : l’ocytocine, l’hormone de croissance IGF1
  • Les réactions inflammatoires : environ 41% des dossiers reçus. On y retrouve :
    • L’étude des acteurs cellulaires et moléculaires de la réponse neuroinflammatoire (microglies, macrophages, cytokines, interleukines, anticorps, lymphocytes…)
    • Les causes et conséquences de réponses immunitaires inadaptées, les conséquences d’infections (toxoplasmose, grippe, Covid-19, bactéries) et la prévention des complications neuropsychologiques associées
    • Les effets d’inflammations périphériques (respiratoires, intestinales…), les effets d’une inflammation prénatale
    • L’impact de régimes alimentaires particuliers sur la neuroinflammation, l’impact d’un déséquilibre du microbiote intestinal sur la neuroinflammation
    • La recherche de biomarqueurs de la neuroinflammation, la recherche de nouveaux agents anti-inflammatoires
  • Le microbiote intestinal: environ 21 % des dossiers reçus. On y retrouve :
    • L’utilisation de prébiotiques/probiotiques/compléments alimentaires, la modulation du microbiote intestinal par l’alimentation
    • Les effets d’un déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose) sur la pathogenèse, la vulnérabilité, la sévérité des symptômes ou la progression de maladies neurologiques, neurodégénératives ou psychiatriques
    • Les effets d’une exposition prénatale aux antibiotiques, le microbiote maternel et pathologies neurodéveloppementales associées
    • Les liens entre déséquilibre du microbiote et inflammation
  • Les affections d’autres organes du corps: environ 23% des dossiers reçus. On y retrouve :
    • Les dysfonctions et régulations de l’axe intestin-cerveau, de l’axe pancréas-cerveau, de l’axe placenta-cerveau, de l’axe foie-cerveau, de l’axe estomac-cerveau
    • Les affections cardiaques et/ou vasculaires
    • Les dysfonctionnements respiratoires, les conséquences d’une inflammation pulmonaire
    • Les maladies rénales chroniques/insuffisances rénales
    • Les dysfonctionnements thyroïdiens, les lymphomes (cancer du système lymphatique)
    • La recherche de biomarqueurs (cardiaques, sanguins, pancréatiques, intestinaux…)
    • Le développement d’outils de diagnostic de l’état de la barrière hémato-encéphalique
    • L’étude d’une altération de l’intéroception (perception des signaux en provenance de l’intérieur du corps, par exemple son rythme cardiaque)

A noter que certains dossiers traitent de plusieurs axes à la fois.

 

  • Les maladies représentées

La majorité des projets présentent une application à une maladie du cerveau :

  • Neurologiques: Parkinson, SEP, épilepsie, Alzheimer, tauopathies, SLA, dystonie, paralysie cérébrale, AVC, tumeurs cérébrales, anévrysmes, démences, déclin cognitif, démences fronto-temporales, démences à corps de Lewy, syndrome de l’X fragile, syndrome de Sanfilippo, syndrome de Guillain-Barré, douleurs chroniques, neurolupus, vestibulopathies.
  • Psychiatriques: schizophrénie, dépression, anorexie, addictions, trouble du comportement alimentaire, troubles anxieux, troubles paniques, phobies, troubles du stress post-traumatique, troubles de l’humeur, delirium, trouble de l’usage de l’alcool.
  • Troubles du développement: troubles du spectre autistique, TDAH, troubles du comportement de l’enfant, encéphalopathie du prématuré.

D’autres maladies ayant un potentiel retentissement sur le cerveau sont aussi représentées :

  • Obésité, diabète de type 2, hypertension artérielle, maladies intestinales chroniques, insuffisances rénales, fibrose hépatique, maladies thyroïdiennes, maladie de Hodgkin, maladie de Verneuil, Covid-19, apnée du sommeil, apnée du prématuré, polyarthrite rhumatoïde, maladies cardio-vasculaires, syndrome de l’intestin irritable.

 

  • Les méthodes de recherche utilisées

Environ un tiers de l’ensemble des projets présente un aspect clinique ou épidémiologique, deux tiers utilisent un modèle animal ou cellulaire.

 

Le Conseil Scientifique de la FRC se réunira le 04 décembre 2020 afin de clôturer la phase 1 de sélection, et déterminer les projets qui seront expertisés en phase 2. Les projets choisis à l’issu de la phase 1 auront jusque début février pour nous remettre un rapport détaillé de leur projet.

 

 

Rédaction : Céline Petitgas, chargée des actions scientifiques de la FRC.

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Appel à Projets FRC 2021

Pour en savoir plus sur les 5 grands axes de recherches de la thématique « Le cerveau et l’environnement interne du corps », cliquez-ici.

Le système immunitaire à l'origine de pathologies cérébrales

Sur le même thème, Michel Hamon, Neuropharmacologue et membre de l’Académie Nationale de Médecine, explique les potentielles atteintes du système immunitaire sur notre cerveau.

Car, Si notre système immunitaire a pour rôle de nous protéger des multiples agressions extérieures ou internes à notre corps, il peut aussi arriver qu’il soit à l’origine d’une neuro-inflammation provoquant de sévères pathologies cérébrales. C’est d’ailleurs l’hypothèse retenue aujourd’hui pour expliquer la survenue de troubles neuro-psychiatriques chez des patients atteints de Covid-19.

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