Les actualités autour de la paralysie cérébrale

Considérée comme le premier handicap moteur de l’enfant, la paralysie cérébrale concerne 17 millions de personnes dans le monde, et 125 000 en France*. Cette pathologie résulte de lésions irréversibles survenues sur le cerveau du fœtus ou du nourrisson, dues à la destruction de cellules du cerveau en développement. Ces lésions provoquent un ensemble de troubles du mouvement ou de la posture, souvent accompagnés de difficultés cognitives ou sensorielles.

La paralysie cérébrale est le plus souvent due à des cas d’infection ou de maladie pendant la grossesse (rubéole, toxoplasmose…), de grande prématurité, d’accouchement difficile (ayant par exemple provoqué un manque d’oxygène prolongé au nouveau-né) ou encore de maladie pendant les premiers mois de la vie de l’enfant (par exemple une méningite). Cependant, la cause est inexpliquée dans 40% des cas, et pour chaque personne touchée, la nature et l’importance des troubles dépend des zones du cerveau affectées, de l’étendue des lésions et du moment de survenue de celles-ci.

*Site Fondation Paralysie Cérébrale

 

  • Janvier 2022 : une cause génétique sous-jacente ?

Etant donné que 40% des causes de la paralysie cérébrale sont inexpliquées, une équipe de pédiatres et de neurologues du Boston Children’s Hospital s’est donnée pour objectif d’étudier la part génétique pouvant être à l’origine de cette pathologie. Les chercheurs ont réalisé un séquençage entier de l’ADN dans une cohorte de 50 enfants atteints de paralysie cérébrale, dont l’âge moyen était de 10 ans. Ces enfants ont également passé des examens cliniques et des IRM cérébrales afin de vérifier leurs types de déficiences et les atteintes visibles au niveau du cerveau. Parmi eux, 24 n’avaient aucun facteur de risque connu (comme une prématurité, une hémorragie cérébrale, une privation d’oxygène…).

Cette étude a révélé une mutation génétique causale ou probablement causale chez 26% des participants, soit environ 1 cas sur 4. 13 gènes différents ont été repérés. Une cause génétique a été identifiée chez 29% des enfants atteints de paralysie cérébrale sans facteurs de risque connus, mais aussi chez 15% des enfants présentant un facteur de risque connu. Ce diagnostic génétique pourrait permettre à l’avenir de mieux diriger les malades vers un parcours de soin adapté, en fonction du gène mis en cause. Ces travaux vont permettre aux familles d’être mieux informées, et appellent donc à envisager des tests génétiques chez les enfants atteints de paralysie cérébrale.

Sources : Mendelian etiologies identified with whole exome sequencing in cerebral palsy. Chopra et al., Annals of Clinical and Translational Neurology, 24 Janvier 2022.
Santé Log, Paralysie Cérébrale : Bien souvent génétique

 

  • Novembre 2021 : une hormone de l’intestin au secours de l’atrophie musculaire

Des chercheurs français du Laboratoire lyonnais Cardiovasculaire, métabolisme, diabétologie et nutrition (CarMeN) se sont intéressés au principal symptôme de la paralysie cérébrale, à savoir les troubles moteurs. En utilisant un modèle animal mimant la pathologie, et développé par leurs collaborateurs brésiliens, l’équipe a découvert qu’une hormone de l’intestin, FGF19 (fibroblast growth factor 19), est capable de redonner un certain tonus aux muscles. En effet, après injection de cette hormone à raison d’une dose par jour pendant 8 jours à des rats nouveau-nés juste sevrés, les chercheurs ont observé une augmentation de la taille des fibres musculaires et de leur force mécanique. De façon encore plus spectaculaire, les ratons modèles de la paralysie cérébrale avaient aussi retrouvé des capacités locomotrices quasi normales.

L’équipe se veut toutefois prudente car l’hormone étudiée, bien que montrant un certain potentiel thérapeutique pour le muscle, peut également provoquée des tumeurs du foie. Les scientifiques travaillent donc sur une forme modifiée du FGF19 qui ne provoquerait pas ces tumeurs. D’autre part, même si cette molécule pourra peut-être corrigée l’atrophie musculaire des malades, d’autres symptômes comme les troubles cognitifs persisteront. Si l’étude avec la molécule analogue du FGF19 se révèle positive, cela constituera toutefois une avancée majeure pour les patients.

Source : Paralysie cérébrale – Une hormone pour doper les muscles. Article publié dans le magazine de l’Inserm #51, Novembre 2021.

 

Rédaction : Céline Petitgas, chargée des actions scientifiques de la FRC.

LA PARALYSIE CEREBRALE

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