Maladie d’Alzheimer : l’activité physique serait bénéfique pour les fonctions cognitives

Des travaux menés par une équipe de recherche américaine ont montré l’implication de l’exercice physique dans la formation de nouveaux neurones ainsi que dans l’amélioration de la cognition dans un modèle d’étude de la maladie d’Alzheimer. Cette étude a également identifié des façons de reproduire les effets bénéfiques dus à l’effet physique par voie pharmacologique et thérapie génique.

 

La neurogénèse adulte (c’est-à-dire la production de nouveaux neurones) se déroule principalement au niveau de l’hippocampe* et est essentiel pour l’apprentissage et la mémoire. Des travaux précédents ont démontré que la neurogénèse hippocampique est altérée dans certaines maladies neurodégénératives dont la maladie d’Alzheimer. Cependant, les mécanismes reliant la neurogénèse adulte à la maladie d’Alzheimer restaient à éclairer.

Récemment, l’équipe de Se Hoon Choi a démontré que la neurogénèse peut être augmentée par l’activité physique ou par stimulation pharmacologique. Cependant, seul l’exercice physique permet une amélioration des capacités cognitives chez un modèle murin de la maladie d’Alzheimer. Cela s’explique par le fait que l’activité physique induit à la fois la neurogénèse mais aussi le maintien d’un environnement sain pour les neurones grâce à la production de la molécule BDNF. La stimulation de la neurogénèse, par exemple par traitements médicamenteux ou thérapie génique, n’induit pas à elle seule l’amélioration de la fonction cognitive.

Les chercheurs ont donc suggéré que cette amélioration serait due à la stimulation de la neurogénèse et au maintien d’un environnement sain pour les neurones. Ils ont ainsi poursuivi leurs travaux dans le but de développer un traitement regroupant ces différents éléments. En associant traitements médicamenteux, thérapie génique (pour stimuler la neurogénèse) et BDNF (pour favoriser un environnement sain), les effets bénéfiques de l’activité physique ont pu être reproduits.

Ces travaux ouvrent des pistes thérapeutiques pour améliorer les capacités cognitives des patients atteints par la maladie d’Alzheimer et pour lesquels la pratique d’une activité physique serait difficile ou limitée. Cependant, les résultats ayant été obtenus chez un modèle murin, d’autres étapes doivent être réalisées avant d’envisager de les étendre à un stade clinique. Un autre axe qui reste à explorer consiste à stimuler la neurogénèse en amont de la maladie afin d’étudier si cela pouvait avoir un effet préventif et empêcher l’apparition de la maladie à long terme.

* qui est une structure du cerveau impliquée dans la mémoire

 

Publication : Combined adult neurogenesis and BDNF mimic exercise effects on cognition in an Alzheimer’s mouse model. Choi et al. Science


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